«Mon arrière-grand-père est mort en 1909. Cela correspond à cent ans d'emprisonnement», a affirmé Harlyn Geronimo à des journalistes après le dépôt d'une plainte devant un tribunal fédéral de Washington.
La plainte, qui interpelle le président Barack Obama et le secrétaire à la Défense Robert Gates, demande de «libérer Geronimo, sa dépouille, ses objets funéraires et son esprit, emprisonnés depuis un siècle à Fort Sill (Oklahoma), ainsi qu'à l'Université Yale (Connecticut)».
Les descendants du guerrier apache veulent que sa dépouille soit transportée sur le lieu de sa naissance, dans l'Ouest américain, pour lui dresser une sépulture selon les traditions apaches. «L'esprit erre quand il n'y a pas de sépulture appropriée», a plaidé Harlyn Geronimo.
La plainte attaque l'Ordre des crânes et des os, une société secrète de l'Université Yale. Vers 1918, des membres de cette société auraient subtilisé le crâne de Geronimo, ainsi que certains de ses os et des objets contenus dans sa tombe à Fort Sill. Ils sont censés les posséder encore dans les locaux du campus. Parmi les membres de cette société secrète figurait Prescott Bush, grand-père de l'ex-président George W. Bush.
Considéré comme un stratège de guérilla hors pair, Geronimo s'était rendu à l'armée des Etats-Unis sous la promesse non tenue que son peuple pourrait revoir ses terres. Il avait été détenu comme prisonnier de guerre pendant plus de vingt ans.
Mon coup de gueule
Chaque corps mérite une sépulture digne de ce nom et selon les tradition du défunt. Je trouve cela normal. Le peuple amérindien a énormément souffert. Le fait que les restes de Geronimo soient dans une université et dans un fort ressemble plus à un trophée qu'à une conservation à but historique.
Un trophée que l'homme blanc conserve pour rappeler à tout un chacun qu'il a terrassé les peaux rouges, qu'il les a mis dans des réserves. Un peu comme le chasseur ramenant une peau d'ours chez lui...



